Revolut au Maroc : pourquoi l'arrivée de la néobanque tarde encore
Revolut au Maroc fait parler d'elle depuis plusieurs mois : la néobanque britannique, forte de plus de 68 millions d'utilisateurs dans une quarantaine de marchés, affiche un intérêt clair pour le Royaume. Mais son entrée reste conditionnée à des priorités réglementaires que Bank Al-Maghrib a détaillées courant juin 2026.
Un acteur mondial qui vise le marché marocain
Revolut n'est plus une simple application de paiement : la néobanque britannique revendique aujourd'hui plus de 68 millions d'utilisateurs répartis sur une quarantaine de marchés à travers le monde. Dès 2025, l'entreprise a posé les premiers jalons de son ambition marocaine en nommant Yacine Faqir, ancien vice-président de Mastercard, à la tête de Revolut Maroc, et en constituant une équipe locale basée à Casablanca.
Une rencontre avec Bank Al-Maghrib, mais pas de demande de licence
Début juin 2026, les dirigeants de Revolut ont rencontré Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib, accompagnés de Yacine Faqir. Contrairement à ce que certains articles ont pu laisser entendre, cette rencontre n'avait rien d'une demande formelle de licence bancaire. Jouahri a lui-même clarifié la nature de l'échange : « Ils ne sont pas venus dire : nous voulons une licence bancaire. » L'entretien relevait davantage d'une prise de contact exploratoire que d'un dépôt de dossier réglementaire.
Trois priorités qui retardent l'ouverture à de nouveaux acteurs
Le gouverneur de Bank Al-Maghrib a détaillé les raisons qui empêchent, pour l'instant, une réponse favorable à l'intérêt de Revolut. Trois chantiers mobilisent actuellement les équipes de la banque centrale : les négociations en cours sur les relations financières et réglementaires avec l'Europe, notamment autour des flux de transferts d'argent des Marocains résidant à l'étranger (122 milliards de dirhams en 2024) ; les évaluations prévues par la Banque mondiale et le FMI d'ici fin 2026 ; et l'examen du Groupe d'action financière (GAFI) sur les dispositifs de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Aucune nouvelle licence bancaire étrangère n'a été délivrée au Maroc depuis plus d'une décennie, et des acteurs internationaux comme M-Pesa ou Flutterwave ont déjà tenté d'y entrer sans succès.
Ces priorités réglementaires sont régulièrement détaillées par Bank Al-Maghrib, banque centrale du Royaume et autorité de supervision du secteur bancaire.
Un marché déjà en mouvement avec les acteurs locaux
Pendant que Revolut patiente, le marché marocain des services financiers digitaux ne reste pas figé. Attijariwafa Bank a par exemple lancé sa propre néobanque, Simple, dès mai 2026, occupant une partie du terrain que Revolut espère un jour investir. Ce contexte concurrentiel rappelle que l'attentisme réglementaire n'empêche pas l'innovation locale de progresser, et que les acteurs déjà en place ne resteront pas inactifs d'ici une éventuelle ouverture du marché aux néobanques étrangères.
Ce qu'il faut retenir pour la suite
Le gouverneur de Bank Al-Maghrib a présenté ce délai comme temporaire plutôt que comme un refus définitif, évoquant un retour possible des discussions « dans quelques années », une fois les chantiers réglementaires prioritaires achevés. Pour les entreprises et observateurs marocains, cela signifie qu'il faudra suivre de près l'issue des évaluations internationales prévues fin 2026 pour anticiper une éventuelle ouverture du marché bancaire marocain aux néobanques étrangères.
Questions fréquentes
Revolut est-elle disponible au Maroc actuellement ?
Non, Revolut n'est pas encore autorisée à opérer au Maroc. Aucune demande formelle de licence bancaire n'a été déposée auprès de Bank Al-Maghrib à ce jour.
Pourquoi Bank Al-Maghrib retarde-t-elle l'entrée de Revolut ?
Le gouverneur de Bank Al-Maghrib a cité trois priorités réglementaires en cours : les négociations financières avec l'Europe, les évaluations du FMI et de la Banque mondiale prévues fin 2026, et l'examen du GAFI sur la lutte anti-blanchiment.
Qui dirige les activités de Revolut au Maroc ?
Yacine Faqir, ancien vice-président de Mastercard, a été nommé CEO de Revolut Maroc et dirige une équipe déjà constituée à Casablanca depuis 2025.
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